Questions aux artistes

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De : Marie-José Malis
Date : 19 mai 2018 11:11:11
A : Julie Berès et Kevin Keiss, Jean Boillot, Irène Bonnaud et Dimitris Alexakis, Michel Didym, Didier Galas, Émilie Hériteau, Maxime Kurvers, Bruno Meyssat, Pascale Nandillon, François-Michel Pesenti, Gurshad Shaheman, Marion Siéfert, Alexander Zeldin

Bonjour,

En vue de la préparation de notre brochure de saison, nous vous adressons une série de questions. Elles sont les mêmes pour tous. Elles visent l'énergie du manifeste et peut-être vous surprendront-elles (un peu). Elles espèrent composer un état de notre, de nos, « discipline(s) » et de nos émotions face à elle. J'avoue que c'est ainsi que je vous vois et c'est pourquoi je me suis permis de vous proposer ce petit exercice: comme des gens fidèles à l'exigence aussi de ce que furent les avant-gardes,  à la question du nouveau beau et qui se demandent comment faire entrer de l'air dans la pièce ? de leur art ? de notre condition présente ?  Et au fond, j'aimerais que cette brochure puisse se lire ainsi, comme le concentré aussi de ce que fut un temps de notre art, de nos désirs en lui, recueilli dans ce théâtre de La Commune. Ainsi, avec l'énergie des idiots qui débutent, je ne désespère pas d'atteindre un peu d'émotion ou de réel vital à travers ce type de documents qui n'en demande pas tant!
Je suis assez impressionnée de vous écrire ce mot. Je commence ainsi à dire officiellement mon admiration et ma joie. Et ma timidité.
Vous l'avez compris, je vous demande d'essayer de répondre à ces questions. Comme vous le voudrez, tout sera bon à prendre, du laconisme à la dissertation, des désinvoltures à la gravité, et tous les media du monde : on ne va pas se gêner.
Je vous dis merci.
Et vous salue bien,

Marie-José, mai 2018

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
Oui
Non 

II°)
réponse a) : Que veux-tu de lui ?
réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
(on est autorisé à répondre aux deux !)

III°)
« On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Comment tu le débouches ? 

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ? 

A la Commune
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Julie Berès

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
réponse a) Oui réponse b) Non

a) et b)
On se dit que le théâtre « nous fait », nous « défait » aussi bien, plutôt qu’on ne le « fait ». Et que si on le fait, quand « on le fait », quand « on en fait », c’est à plusieurs, c’est ensemble. Nécessairement. Que seul, finalement, ça n’est pas envisageable. Que c’est en parlant, en se parlant que la pensée surgit, s’édifie, tâtonne, s’effondre, résonne, s’ouvre.

II°)
Si réponse a) Que veux-tu de lui ?
Qu’est-ce qu’on veut ? Qu’est-ce qu’on lui veut ? Qu’il nous permette de penser à nouveau. De se dépenser. De se délocaliser, se déplacer de/dans notre pensée.
Qu’il nous insuffle une autre énergie. En grec ancien on dit « thumos », l’énergie vitale.
À chaque fois que je m’assois au théâtre, avant la représentation : j’espère. J’adore ce moment. Ce moment de tous les possibles. De l’attente de tous les possibles avec la certitude que c’est possible. 

III°)
« On traverse un tunnel – l’époque », disait Mallarmé. Qu’est-ce qui bouche le désir ? Comment tu le débouches ?

Mallarmé dit aussi « Il faut redonner du sens aux vieux mots fatigués de la tribu ». J’ai souvent la sensation que ce sont les définitions galvaudées des mots qui nous éloignent de leur substance sensible.
Comment pouvons-nous nous défendre de cette « réalité débordante, qui revient nous assiéger au plus profond de nous-mêmes » pour reprendre les termes d’Annie Le Brun ? Par exemple, quand on relit ou réentend le monologue de Nova et de la beauté de Par les villagesde Handke, on a la sensation d’être moins seuls en entendant ces paroles. D’être « armés » à nouveau contre la solitude.

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?

Je pense souvent à quelque chose qui pourrait être une sorte de métaphysique positive. Le Bon, le Beau. Ces concepts tellement galvaudés qu’on ne sait plus ce qu’ils veulent dire, ce qu’on voudrait même en dire. Mais savoir, absolument, qu’on ne veut plus de la déclaration sans cesse répétée de la lente et fatale agonie collective. Tenter de regarder autrement, de changer d’échelle. Voir le minuscule. L’interstice. L’enténébré. Le tremblant.

En allemand on dit « Umnachtung », on traduit souvent ce mot par « folie » mais il n’a rien de clinique. On pourrait traduire ça par « Rentrer dans la nuit en se modifiant ».Sortir de la grand’route de l’idéologie collective. L’injonction au bonheur normé. Et s’étonner.

A la Commune
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Jean Boillot

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
a) Oui. Du théâtre qui flirte avec d’autres disciplines, comme la musique.
Je fais avant tout du théâtre. Si ce théâtre parle parfois de politique, c’est un théâtre du politique. Mais c’est avant tout de l’art. 

II°)
réponse a) : Que veux-tu de lui ?
Qu’il me fasse dresser les poils. Qu’il me touche au cœur et à la tête.
Qu’il soit hors normes, qu’il soit trop : trop court, trop long, trop fou… qu’il ne soit en rien banal, formaté. Qu’il soit toujours exceptionnel.
Qu’il soit une rencontre entre des histoires de spectateurs (à commencer par la mienne, je suis le premier d’entre eux) et l’histoire racontée sur la scène : une rencontre entre des vies réelles et des vies possibles. Et que ces histoires rentrent en vibration, dans une émotion et une intelligence nouvelles, contradictoires et partageables, qui fassent communauté.
Metteur en scène, je fabrique de la rencontre : entre les personnes de mon équipe, entre du texte et de la musique, entre des acteurs et des spectateurs. Je rends cette rencontre possible. Si elle a lieu,  si elle se passe bien, je suis content. Sinon, c’est dommage, mais c’est bien aussi : toutes les rencontres ne sont pas possibles. On ne peut pas être ami de tout le monde. 

III°)
« On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.

Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Si le bouchon existe, il permet au désir de se renforcer. Quand il s’exprime, c’est le bouchon qui saute, et alors champagne et fête ! Car tout s’en trouve transformé et joyeux. 

Comment tu le débouches ?
En faisant gonfler le désir. Et pour cela, il faut que j’aie le temps de m’ennuyer. L’ennui n’est pas le diable, il est très important pour moi. Il est synonyme de rêverie, divagation et donc de création.
En me décadrant, en pensant à autre chose, en rencontrant des gens nouveaux, d’un autre milieu, d’une autre discipline, en voyant d’autres paysages, en marchant dans la forêt.
Parfois, c’est la brutalité de l’opportunité qui permet à un désir de s’exprimer : on te demande de faire une création en trois jours, alors pouf ! ça jaillit. Et c’est bien aussi.  

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ? 

Je cherche toujours quelque chose comme ça. Je les trouve parfois dans différents endroits, dans ma maison, dans un son, dans les paysages du Jura, souvent au théâtre, dans les spectacles d’autres ; parfois dans les miens, pendant les répétitions. Il faut dire qu’on passe beaucoup de temps ensemble, qu’on partage ce qu’on a de meilleur, avec exigence et bienveillance. Alors souvent il sort des trucs magnifiques qui sont le dépassement de chacun : le possible devenu réel, une sorte d’épiphanie que seul le théâtre permet. 

A la Commune
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Irène Bonnaud

I°) Est-ce que tu fais du théâtre ?
Un peu de mal à répondre à cette question à la deuxième personne vu que je n’en fais jamais seul ; donc oui, nous faisons du théâtre, non, je ne fais pas de théâtre. Je fais pas de théâtre.

II°)
a) : Que veux-tu de lui ?
Réparer toutes les choses cassées. Enlever les voitures. Installer des bancs. Réinstaller des bancs là où ils les ont enlevés. Avoir une salle pour quand il pleut. Faire des jeux de société, parler et puis faire des fêtes en hiver. (Extrait du cahier de doléances des enfants du 12 boulevard de la Chapelle, hiver 2000.)

b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
Être assis en rangs ; consommer ; côtoyer tout le temps des bourgeois cultivés (ça m’attriste, ça me met mal à l’aise, je ne m’y retrouve pas, je cherche mes amis d’enfance et la plupart n’y sont pas, je fais mine d’aller fumer une cigarette dehors mais c’est juste parce que j’ai besoin de prendre l’air et de sortir ; en général, je préfère passer deux heures dans un café, à côté du théâtre, à regarder les résultats des courses et les gens au comptoir.)

III°) « On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.

Qu’est-ce qui bouche le désir ? Comment tu le débouches ?
J’aime beaucoup les tunnels quand on y court à plusieurs, quand on y court pour sortir à l’air libre, quand on y court pour s’échapper, quand on y marche aussi sans bruit pour ne pas se faire remarquer — beaucoup moins quand on y est bloqué. (Depuis 2015, à Athènes, cette impression de s’adresser chacun des signes d’un tunnel bouché à un autre, d’un endroit bloqué à un autre ; ce qui était il y a quelques années un mouvement collectif vivant est aujourd’hui un tunnel plein de pierres.)
J’aime beaucoup les tunnels : ils me rappellent l’underground et le hip-hop des années 80, les courses nocturnes jusqu’aux dépôts de la RATP. Il y a un nous en construction dans les tunnels, un nous clandestin et souterrain et j’aime bien en être, depuis le temps où nous faisions des graffitis autour de la Place des Fêtes, vers 83-84. Il y a toujours plein de tunnels et de passages dans les quartiers populaires et c’est souvent utile pour s’échapper. Il existe peut-être des tunnels qui permettent d’échapper à l’époque.
J’aime beaucoup les tunnels, même si on peut s’y faire méchamment piéger.
J’aime toujours le tunnel que les prisonniers du Troude Jacques Becker creusent quasiment à la petite cuillère. Entre 2012 et 2015 en Grèce, j’ai le sentiment qu’on a creusé un tunnel un peu de cette façon, à la petite cuillère ; le matin de l’évasion, quand nous avons sorti la tête à l’air libre en déplaçant légèrement la plaque d’égout, on s’est rendu compte que quelqu’un nous avait balancés. C’est triste : ça nous a coûté beaucoup d’efforts et de peine et ce tunnel-là, auquel des milliers avaient travaillé, est devenu inutile en l’espace de quelques secondes. Ça explique un certain découragement : tout ce travail pour rien, tout ce travail qui paraît avoir été soudain accompli en pure perte — ça coupe un peu les jambes et les bras.
L’enjeu aujourd’hui pour nous, ici, après 2015, est de récupérer autrement tout ce travail fait, et qui n’a pas pu disparaître simplement comme ça, en fumée, pour d’autres fins, pour d’autres façons de faire avancer les choses (les structures de solidarité, la politique impulsée à partir de projets collectifs locaux). Le théâtre peut et doit forcément s’inscrire dans ce mouvement-là, qui part d’initiatives concrètes (d’éducation, d’accès aux soins et aux médicaments, d’accès à la culture et à la création) et d’un refus des formes de délégation politique traditionnelles, de gauche à droite.

IV°) L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?
Une des choses les plus belles, pour moi, de ces dernières années, autant liée à l’amour qu’au désir et à la beauté, des corps et de la prise de parole : les milliers de visages et de paroles du mouvement de la place Syntagma, au printemps 2011. C’était du très, très grand et beau théâtre. Trop de souvenirs, de paroles, d’expressions, de visages pour se lancer ici ne serait-ce que dans une évocation, mais on y reviendra. On y revient. On y revient toujours parce qu’on n’a pas le choix. À cette époque, le mouvement était accroché, suspendu ou pendu à l’Assemblée nationale grecque (la place en question lui fait face). Peut-être trop. Il aurait sans doute mieux valu ne pas trop accrocher la beauté à un lieu, un endroit, ne pas trop vouloir la fixer.

Athènes, mercredi 18 avril 2018.

A la Commune
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Michel Didym

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
a)    Oui
b)    Non 

Je ne peux pas dire que je fais du théâtre au sens où je ferais de la musique : je fais du piano !
Le théâtre est un art collectif qui se pense à plusieurs, qui se crée à plusieurs et donc les « faiseurs » sont dangereux pour cet objectif.

II°)
réponse a) : Que veux-tu de lui ?
réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
(on est autorisé à répondre aux deux !)

Notre intelligence et notre sens critique sont nos biens les plus précieux, le théâtre est le lieu où on les cultive. Vraiment réussir à faire progresser la conscience, le niveau de conscience des spectateurs voilà un objectif palpitant, fondamental.
Mais le théâtre prend plein de formes plein de couleurs plein de masques. Quelques fois il se produit seulement un peu d'empathie, le public commence à comprendre ou à aimer quelque chose de très différent de lui ! C'est déjà pas mal.

III°)
« On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Comment tu le débouches ? 

Il se produit comme une uniformisation du vivre ensemble, une uniformisation des êtres humains, comme une standardisation de la pensée ! Notre mission au theatre est de réveiller les consciences, de réveiller les esprits et de regarder en face toutes nos certitudes, de les croiser avec le réel, de les frotter au rêve et d'avancer. D'ouvrir des pistes de réflexion. D'exposer la complexité. De cultiver le dilemme. De chérir le paradoxe.

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ? 

L'éducation me préoccupe particulièrement. Car elle est au centre de notre civilisation, de notre société. Mais désormais la transmission passe au second plan, ce qu'on fait de nos enfants ne nous intéresse plus. La beauté et le rêve sont désormais exclus du champ éducatif. Pas assez rentable ! Les enfants doivent marcher à la baguette. Pas de place pour les rêveurs !
L'amour est au-dessus de tout, il conditionne tout, il est notre moteur essentiel. Il faut le mettre au-dessus de notre horizon comme un point fixe et lointain qui nous donne notre direction ! 

A la Commune
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I°) Est-ce que tu fais du théâtre ?
a) Oui
b) Non

a et b. oui et non.

II°)
réponse a) : Que veux-tu de lui ?
Recevoir de l’amour.

réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
(on est autorisé à répondre aux deux !)
Recevoir de l’indifférence ; ou me sentir, en tant que praticien du théâtre, avec le devoir de ressembler aux canons de l’époque.

 III°)
« On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.

Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Le fait que le monde ressemble de plus en plus à un marché : tous les produits sont à vendre, même les âmes… et le tout, accompagné du devoir citoyen de produire, de consommer, de produire, de consommer, de produire, de consommer, etc.

Comment tu le débouches ?
En faisant du théâtre et en n’en faisant pas.

 IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?
Oui. Dans la jeunesse, dans l’enfance, dans l’humour, dans l’humain et l’animal !

A la Commune
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Émilie Hériteau

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
Oui 

II°)
Que veux-tu de lui ? Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
Je désire qu’il me donne l’intuition d’autres rapports possibles au monde, aux autres.
Je veux qu’il émeuve, fasse se mouvoir, déplace mon intelligence.
Je veux qu’il soit sincère, fou et ambitieux, mais humble, je ne veux plus me nourrir davantage des feuilles de salle, que de ce que je vois, sens au plateau. 

III°)  « On traverse un tunnel – l’époque. »
Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Le besoin de confortables certitudes, l’angoisse du risque. 

Comment tu le débouches ? 
Par l’audace de rencontres improbables, en prenant le temps des échanges. 

IV°)
L’Amour ? La beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?
Je ne les cherche pas, j’essaie de me rendre disponible pour les accueillir. 

A la Commune
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Maxime Kurvers

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
a)    Oui
b)    Non 

II°)
réponse a) : Que veux-tu de lui ?
Tout.
https://www.youtube.com/watch?v=TbeWtVZ14hc&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=CuArqL7r1WQ
https://www.youtube.com/watch?v=gg2EJO9zwws&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=zYh7jYQYjMw&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=8M9tF7M_5uQ&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=xxZOg6gfqoQ&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=qL_J6RVrzrw&spfreload=10
http://www.numeridanse.tv/fr/video/806_tanzerische-pantominen
http://revueperiode.net/danses-proletariennes-et-conscience-communiste/
http://www.numeridanse.tv/fr/video/1658_etude-revolutionnaire
http://40.media.tumblr.com/tumblr_m4fka8FC4E1r70t2xo1_1280.jpg
http://www.dailymotion.com/video/x2cdrhl_jean-pierre-vincent-appel-du-10...
https://www.youtube.com/watch?v=R-fgfZ_mcow&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=T-0YuwPI5t8&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=MESZQdd3_0U
https://www.youtube.com/watch?v=WS5GNXh4LcI
http://agora.qc.ca/thematiques/mort/documents/la_mort_dempedocle_extraits
http://germanica.revues.org/1968
http://archithea.over-blog.com/article-11926618.html
https://vimeo.com/118904181
https://www.youtube.com/watch?v=VsfKau5_YgU
https://www.youtube.com/watch?v=EEVfKz6axP0&spfreload=10
http://www.la-tour.net/documents/interview-jean-genet/
https://www.youtube.com/watch?v=kfDKKxZ5yQM
http://www.ina.fr/video/CAF90026811
http://www.liberation.fr/culture/2001/07/05/il-faudrait-supprimer-avigno...
https://www.youtube.com/watch?v=M4LDwfKxr-M
https://www.youtube.com/watch?v=r2DIB4fyEkM&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=g7h25iJwq1M&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=vbgtSwt7kgk
https://www.youtube.com/watch?v=HpOydeJXxas&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=S_n1uQy5GWE
https://www.youtube.com/watch?v=pjB2UCXHo7I
http://thewoostergroup.org/blog/2010/10/22/rehearsal-vieux-carre-2/
http://www.ina.fr/audio/PHD99255950
https://www.youtube.com/watch?v=-xzUfEL6SE4
http://dumbtype.com/works/sn
https://www.youtube.com/watch?v=d96Elh4QIoE
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k708745
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k707997
http://www.dctp.tv/#/filme/wie-spielt-man-hitler/
http://culturebox.francetvinfo.fr/cinema/matthias-langhoff-poursuivi-en-...
https://vimeo.com/36929564
http://www.jeromebel.fr/spectacles/videos?spectacle=Le%20dernier%20spect...
https://vimeo.com/59490827
http://www.numeridanse.tv/fr/video/379_swan-lake-duo
http://www.erudit.org/culture/jeu1060667/jeu1069684/28729ac.pdf
http://www.dctp.tv/#/filme/mein-chor-und-ich-sophie-rois/
http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=2347
https://www.youtube.com/watch?v=FcTs9s89quM&spfreload=10
http://www.volksbuehne-berlin.de/praxis/iwanow/
http://vimeo.com/58614962
http://revueperiode.net/limaginaire-colonise-rencontre-entre-heiner-mull...
http://fr.wikisource.org/wiki/À_M._d’Alembert
http://www.answers.com/Q/What_was_Yvonne_Rainer%27s_NO_Manifesto
http://www.steiner.ag/wp-content/uploads/1977/01/1977-Winterreise-1.jpg
http://www.steiner.ag/wp-content/uploads/1977/01/1977-Winterreise-2.jpg
http://www.steiner.ag/wp-content/uploads/1977/01/1977-Winterreise-3.jpg
http://www.steiner.ag/wp-content/uploads/1977/01/1977-Winterreise-4.jpg
http://fr.wikisource.org/wiki/L’Origine_de_la_Tragédie
https://www.youtube.com/watch?v=6H4IB81XciU&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=7SQHA5h6l2g&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=dUUgaQqgBS0&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=dRyLLTvs00c&spfreload=10
https://www.youtube.com/watch?v=1VKhnoMLomY&spfreload=10
http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=1130
https://www.youtube.com/watch?v=_-DiURONksA&spfreload=10
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Karl_Friedrich_Schinkel_-_Stage_s...'s_Magic_Flute_-_WGA21001.jpg
etc.

réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
L’art ne sait rien, ne doit pas s’imposer, et ne va pas de soi. 

III°) « On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.

Qu’est-ce qui bouche le désir ?
L’inflation.

Comment tu le débouches ?
Tenir en respect plutôt qu’en haleine.

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?
De tels concepts ne suffisent certainement pas à une définition de l’art et ne peuvent donc être des présupposés au travail théâtral : j’aimerais plutôt les reléguer derrière la dramaturgie, derrière la pensée construite du médium, derrière la méthode. Et ainsi ne pas les disqualifier tout à fait.

A la Commune
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I°) Est-ce que tu fais du théâtre ?
Oui on peut le dire puisque la question est là

II°)
réponse a) : Que veux-tu de lui ?
Approcher le réel. Rencontrer des personnes aux prises avec lui. Entrer dans des espaces que je ne pensais pas exister. Y résider quelques temps. Permettre à des réalités flottantes de se manifester. Y contribuer.      

réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
Des relations et des faux semblants qui repoussent les solutions qu’on devine pourtant. Le tourisme. Y perdre l’énergie qu’on destine à ce qu’on peut tenter, vu notre temps limité et nos fêlures. 

III°) « On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.

Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Sa vaporisation, faire tourner comme un hamster la roue du commerce. La manière dont la communication détruit le langage devant nos yeux.

Comment tu le débouches ?
L’écart quand c’est possible

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?
Non, pas chercher ni accrocher. Rester tranquille semble le mieux quand on peut. Ou alors agir en une fois, une seule.

A la Commune
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Pascale Nandillon et Frédéric Tétart

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
Oui. Et de l'archéologie aussi. C'est un lieu d'origine où l'on retourne sans cesse, une obscurité féconde. Car il s'agit d'approcher cette chose qui surgit des profondeurs de la mer et de la capturer dans les filets du langage.*

II°)
Que veux-tu de lui ?
Qu'il soit l'espace de la question ouverte et de la polyphonie. Qu'on y entame un dialogue profond avec l'autre, avec la fibre de sa pensée – ce cerveau commun qui se construit entre le plateau et les spectateurs. Qu'on y sonde le réel. Qu'il fissure les carcans du langage et des corps, qu'on y entende des voix inouïes.Qu'il ose sa liberté et qu'on s'y affranchisse.

Qu'est-ce que tu ne veux plus de lui ?
Qu'il nous surplombe par son discours et ses formes.
Qu'il cède à l'affolement de l'époque. Qu'il recycle la catastrophe en produit culturel.

III°)
« On traverse un tunnel – l'époque » disait Mallarmé.
Qu'est-ce qui bouche le désir ?
La lâcheté. L'inertie.

Qu'est-ce qui le débouche ?
Le courage de la pensée. La puissance de l'imaginaire. L'affairement quotidien avec les autres, l'héroïque condition humaine. Veiller à laisser les fenêtres et les portes entrouvertes.

IV°)
L'Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?
L'amour..., la beauté..., désarmés de leurs majuscules, toujours en mouvement. Ils s'accrochent dans la buée du poème, au coin d'une rue. Dans l'improbable de la rencontre. Dans l'indompté.
Le monde il est là, de tous les côtés !** dit Ernesto. L'intelligence aussi, celle qui repousse obstinément, qui reprend ses droits fondamentaux dans la simple nécessité de fleurir.

* Virginia Woolf / ** Marguerite Duras

A la Commune
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I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
b) Non 

II°)
réponse a) : Que veux-tu de lui ?
Je ne veux rien puisque je n'en fais pas.  

réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
En ai-je jamais voulu quelque chose.

(on est autorisé à répondre aux deux !)
Oh là là, vertige quand tu nous tiens.

III°) « On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Puisqu'on traverse, rien ne bouche. Non ?

Comment tu le débouches ?
Cette question n'a pas d'objet. Et puis elle sent bizarre.  

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?
Eh ben. Et vous fumez quoi le matin ?

A la Commune
.

Gurshad Shaheman

I°) 
Est-ce que tu fais du théâtre ? 
a) Oui, en quelque sorte
b) Non, pas tout à fait

II°) 
réponse a) : Que veux-tu de lui ?
Je veux qu’il soit un espace de réflexion et de partage ; un rite sans cesse réinventé.

réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
Je ne veux plus qu’il se fasse l’écho d’une mimesis sans analyse, le reflet des peurs qu’on nous agite sous le nez, la réitération stérile de vieilles histoires et de gestes anciens, le petit soldat du patriarcat.

(on est autorisé à répondre aux deux !)

 
III°) « On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Rien. Mon désir est inbouchable. La fin du désir c’est la fin de la vie. Et je ne suis pas encore mort.

Comment tu le débouches ?
Je l’attise en me frottant à l’Autre / aux autres.

IV°) 
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ?
Non, je ne cherche plus. Ils sont là, en moi. Ils ont toujours été là. Avec le temps, j’ai appris à les reconnaître et à les chérir.

Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ? 
Je les accroche partout où je peux, dès que c’est possible. 

A la Commune
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Marion Siéfert

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
Oui

II°)

II°) réponse a) : Que veux-tu de lui ?
réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
(on est autorisé à répondre aux deux !)

III°)
« On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Le contrôle.

Comment tu le débouches ?

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?
J’aime beaucoup les personnes avec lesquelles je travaille et souvent, ma plus grande peur avant la première, c’est que les spectateurs ne les aiment pas autant que moi.
« Et pour la beauté, on verra plus tard. »

 

A la Commune
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Alexander Zeldin

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
a) Oui
b) Non 

YES! 

II°)
Si réponse a) : Que veux-tu de lui ?
Si réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
(on est autorisé à répondre aux deux !)

Qu’il nous aide à mieux ressentir la vie, la vraie. Le théâtre nous aide, par sa nature propre, à concentrer la vie. Àmieux voir. On regarde mieux au theatre.

III°) « On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Comment tu le débouches ? 

La peur
Par le corps. 

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?
LOVEest le titre de ma dernière pièce, donc j’ai sans doute envie de retrouver ces mots qui sont trop usés ! Le théâtre nous aide, je pense, à mieux ressentir des mots comme celui-là dans toute leur intensité, à dégager le brouillard entre nous et la vie.
Pour la beauté – j’adore cette phrase de Keats, qui me semble rendre ce mot à quelque chose de simple et immédiat :
“Beauty is truth, truth beauty, –that is all
Ye know on earth, and all ye need to know."[1]

[1]ODE ON A GRECIAN URN

A la Commune
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 Choeur de La Commune : Amiodou Berte, Abd Djibril Djibril, Adam, Moussa Doukoure,Halimatou Drame, Maxime Fofana, Ismael Keita, Abdou Sylla

 I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
— Oui. La comédie était dans mon corps déjà
— Bah oui, on fait du théâtre, non ?
— Oui, ça me plaît beaucoup. Mais on est nouveau dedans.
— Je ne suis pas un acteur professionnel du théâtre, mais on essaie de faire du théâtre.
— On apprend.
— Oui, je fais le théâtre. Je suis féru de théâtre.

II°)
Que veux-tu de lui ?
— Qu’il nous change, que ça nous transforme. Quand je fais et quand je vois du théâtre, je ne veux pas rester la même comme avant. Ça nous aide à avancer, à réfléchir, ça nous donne du courage pour la vie. Le théâtre me donne envie de voir à l’intérieur, c’est quoi dedans, je veux continuer à voir ce que c’est. Pour moi, les gestes, le texte, la manière dont tu fais attention, dont tu écoutes. L’écoute, c’est ça qui est important pour moi.
— Le théâtre, ça doit faire réfléchir.
— Je suis venu ici, ça m’a donné courage. Comme à l’École, le théâtre, ça doit faire sortir les nouvelles idées, les nouvelles paroles, ça te pousse à voir clair dans la vie, à marcher. Ça augmente notre mémoire.
— Ce que je veux du théâtre, je découvre quelque chose que je ne connaissais pas, des choses qui n’ont rien à voir avec ma vie, qu’il me donne d’autres idées…
— Je veux qu’il me donne la passion. Découvrir les cultures. Chaque langue a sa culture. Je veux que le théâtre m’aide à bien comprendre cette langue.
— C’est impressionnant de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre qui n’est pas moi. Je veux essayer de rentrer dans une profondeur, détecter toutes les petites choses que je peux ressentir, comprendre comment le personnage vit ça réellement.
— Je veux que ça me raconte des histoires que je ne connais pas. 

 Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
— Je n’ai pas encore vu beaucoup de pièces. Celles que j’ai vues, ça m’a intéressé.
— Je ne veux pas dire c’est bien, c’est mal. Le théâtre peut me dégoûter, me déplaire, des fois il y a des acteurs qui ne jouent pas leur rôle comme tu veux.  Il y a des sujets sensibles.
— Je n’aime pas les surtitres au théâtre. Ça passe trop vite. Après, je suis perdu. 

III°)
 « On traverse un tunnel – l’époque. » disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ?
— Pourquoi le monde est bouché aujourd’hui ? On est dans l’obscurité, parce qu’on ne prend pas les gens au sérieux et les dirigeants signent des lois qui n’arrangent pas les gens.  Les dirigeants bouchent pour que les gens ne puissent pas avancer. Ils pensent à eux-mêmes, à leurs intérêts, ils ne pensent pas aux autres. C’est l’intérêt de quelques-uns, l’intérêt des puissants, des riches.
L’asile, c’est un vrai tunnel aujourd’hui. Nous, on est dans le tunnel actuellement.
— L’État bloque les désirs des gens.  Ils te font croire que ce sont eux qui décident à ta place.
— Les lois ont tout bloqué. Les lois aujourd’hui bloquent tout le monde, français comme étrangers.
— On ne voit pas les rayons. Il fait noir là-dedans. C’est le manque de foi.
— La société ne va pas bien, parce qu’il n’y a plus de partage commun. Chacun pense à lui. Il n’y a pas de pensée collective. Au bout d’un moment, on se trouve dans une société où chacun avance seul dans l’obscurité. C’est catastrophique le monde d’aujourd’hui. Il n’y a plus le désir, ni l’amour d’un projet collectif. Aujourd’hui, il y a des mondes différents, on a  oublié qu’il n’y a qu’un monde.
— Ce qui bouche le tunnel, c’est que certains tamponnent les idées des autres, comme si elles n’existaient pas. Les idées de chacun doivent être respectées et travaillées. 

Comment tu le débouches ?
— En cherchant de nouvelles idées.
— Il faut trouver des solutions par la discussion entre nous tous. Aujourd’hui, on manque d’idées. Les idées, elles naissent par la discussion. Il n’y a pas une personne qui change le monde.
— Pour le déboucher, il faut être ensemble pour se donner une direction.
— Plus c’est collectif, plus on se donne de la force.
— Pour moi, ce qui le débouche, c’est la prière.
— Prendre confiance en soi et dans les autres. Accepter les autres tels qu’ils sont. Sans la confiance, on ne peut pas désirer, ni s’investir dans quelque chose.
Même quand tu penses que c’est pas possible, penser que c’est possible et alors ça peut l’être.
— Il faut de la patience aussi, pour ne pas perdre ses désirs.

VI°)
L’Amour ? La beauté ? Tu les cherches encore ?
(rires)
— Je veux quelqu’un qui marche avec moi, qui ne cherche pas son intérêt.
— Le monde aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup d’amour. Ça diminue. On est dans le XXIe siècle, chacun est de son côté. Il n’y a pas de vrai amour.
— L’Amour d’aujourd’hui est trop intéressé. Il y a trop de séparation entre les gens, trop de gens sont mis à l’écart. Il faut une vraie idée de l’Amour, s’entendre, se mettre ensemble.
— Bah oui, c’est très important. L’Amour, c’est le bonheur. Sans Amour, on ne peut pas vivre. Il faut chercher ça. La beauté, ce n’est pas nécessaire.
— Beauté, c‘est quoi même ?
— Pour moi, la beauté et l’amour c’est pareil, non ? Quand je vais voir une pièce et que je dis, c’est magnifique, c’est que les gens ont mis de l’amour dans leur travail, la façon dont ils ont pris la pièce ensemble, ils nous montrent la beauté.
— Chercher comment ?
— Oui, je les cherche dans le monde.
— Le monde même a été construit sur l’Amour. Quand on va au théâtre  ou quand on joue au théâtre, c’est pour avoir des sensations, pour se donner du plaisir et donner du plaisir aux autres. C’est un lien d’amour.
— L’amour ne te tombe pas dessus, c’est un cheminement. L’Amour vient au fur et à mesure, il s’installe.
— La beauté, l’idée de la beauté, c’est chercher une société où on essaie de poser l’équilibre. Je cherche l’équilibre dans ma vie, dans cette société. Pour l’instant, il n’y a pas d’équilibre.
— Oui, le monde équilibré, c’est ça que nous tous, on cherche.

Un endroit du monde où tu  les accroches ?
— Laisse-moi réfléchir… On accroche ça où…
— Je l’accroche dans le monde, partout où je passe, dans toutes les rencontres, je l’accroche là-bas.
— Je cherche ça dans les amis.
— Je les cherche dans le cœur, c’est le désir qui vit en soi-même. Ça s’enracine en soi pour prendre une vraie forme. L’amour, il vient quand on secôtoie, quand on se connaît.
— Suspendus… Je les repère dans la prière. Le respect, l’amour, il faut pardonner, avoir l’amour de son prochain, c’est ce qu’on m’a enseigné et avec lequel j’essaie de cheminer.
— Je les accroche dans la nature.
— On l’accroche nulle part, on est né avec, on vit avec cette sensation que la beauté et l’amour existent, il suffit de ressentir. C’est pas un objet, on le sent.  Le monde est à sa place. Et la beauté et l’amour font partie du monde.  Le monde ne bouge pas, ce sont les créatures qui changent.

A la Commune
SPECTACLES