questions à Silvia Costa

I
Est-ce que tu fais du théâtre ?
réponse a) Oui

Si, perché il mio lavoro ha bisogno di quel luogo che si chiama teatro, e di quella relazione diretta che esiste solo lì: scena – spettatore, immagine – sguardo. 
Oui, parce que mon travail a besoin de cet endroit qui s'appelle théâtre, et de cette relation directe qui n’existe que là : scène-spectateur, image-regard.
réponse b) Non

II
réponse a) Que veux-tu de lui ? 

Voglio dal teatro una via di fuga, che non è uno scappare, ma un’aprire verso un’altra possibilità, un camminare a lato.
Voglio che in teatro sia in vigore un’unica legge, quella dell’immaginazione e delle idee.
Voglio essere sorpresa dal teatro, gli dono il mio tempo perché lo faccia scorrere ad un’altra velocità, lo condensi, lo distilli, lo interrompa.

Du théâtre, je veux une issue, pas une échappatoire, mais une ouverture vers d’autres possibles, une voie latérale.
Je veux qu'au théâtre soit en vigueur une loi unique, celle de l'imagination et des idées.
Je veux être surprise par le théâtre, je lui donne mon temps pour qu’il en torde le cours, le condense, le distille, l'interrompe.
réponse b) Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ? 
Non voglio più annoiarmi. 
Je ne veux plus m'ennuyer.

III
« On traverse un tunnel – l’époque », disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ? 

Credo che il nemico peggiore sia il giudizio, il sigillo che mettiamo alle cose, che non ci permette di spostare il nostro punto di vista, la nostra percezione dei fatti del mondo, delle forme di vita. 
Je crois que notre pire ennemi est le jugement, le sceau avec lequel nous enfermons les choses, qui nous empêche de déplacer notre point de vue, notre perception des faits du monde, des formes de vie.
Comment tu le débouches ? 
Restando curiosi e continuando a dubitare sempre di quello che ci sta davanti. Tremando davanti alle cose.
Bisognerebbe rinnovare lo sguardo, sempre, mantenendolo vergine, fanciullesco. 

En restant curieux et en continuant à douter toujours de ce qui se trouve devant nous. En tremblant face aux choses.
Il faudrait renouveler le regard, toujours, en le maintenant vierge, enfantin.

IV
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ?

Come si può smettere di cercarli? Come si può non essere più interessati a crearli?
Amore e Bellezza fanno parte del nostro stare al mondo e del nostro essere umani. 

Comment peut-on renoncer à les chercher? Comment peut-on ne plus trouver d’intérêt à les créer?
L’Amour et la Beauté font partie de notre place dans le monde et de notre place d’humains.
Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ? 
La loro forza sta nel poter prendere forme sempre diverse, nel non darsi mai in una forma definitiva.
Nel trasformarsi e nascondersi ovunque, per poi rivelarsi all’improvviso, come epifanie.

Leur force consiste à pouvoir prendre des formes toujours renouvelées, de ne jamais se donner de forme définitive.
Se transformant et se cachant partout, puis se révélant sans crier gare, comme des épiphanies. 

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