Questions à Olivier Coulon-Jablonka

I
Est-ce que tu fais du théâtre ?

Oui   

II
Que veux-tu de lui ?

Qu’il éclaire les ténèbres de notre temps présent. Cette lumière est forcément vacillante et menacée. J’aime l’image, empruntée à l’astrophysique, que certains astres disparaissant, continuent à scintiller aujourd’hui. Comme des voyageurs qui cherchent à s’orienter, nous avons besoin des grands textes du passé qui nous donnent force et courage. En retour, nous ne devons pas craindre de regarder cette obscurité du temps présent, qui libérée des fausses lumières du siècle, prend un nouvel éclat.

Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
(on est autorisé à répondre aux deux !)
Je n’entre jamais au théâtre comme dans un musée de choses mortes et glacées.

III
« Nous devons traverser un tunnel : l’époque », disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ?

La croyance qu’il n’y a pas d’issue, un seul monde possible, le nôtre. Mais celui-ci aussi est destiné à finir.
Comment tu le débouches ?
Je creuse patiemment avec ce que j’ai sous la main, une petite cuillère par exemple, comme dans le film de Jacques Becker, « Le Trou ».

IV
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ?

Je me souviens des enfants qui jouent et transforment tout ce qu’ils touchent.
L’amour, la beauté, je les trouve au théâtre quand je regarde les acteurs au travail. Dans la vie c’est parfois plus difficile. Nous ressemblons à ces personnages d’Andersen qui ont reçu dans l’œil un petit éclat de miroir qui déforme la vision. Mais comme pour les personnages du conte, la beauté nous surprend toujours quand on croit en avoir fini avec elle.

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Émission Contre-courant

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