Questions à Michel Didym

I°)
Est-ce que tu fais du théâtre ?
a)    Oui
b)    Non 

Je ne peux pas dire que je fais du théâtre au sens où je ferais de la musique : je fais du piano !
Le théâtre est un art collectif qui se pense à plusieurs, qui se crée à plusieurs et donc les « faiseurs » sont dangereux pour cet objectif.

II°)
réponse a) : Que veux-tu de lui ?
réponse b) : Qu’est-ce que tu ne veux plus de lui ?
(on est autorisé à répondre aux deux !)

Notre intelligence et notre sens critique sont nos biens les plus précieux, le théâtre est le lieu où on les cultive. Vraiment réussir à faire progresser la conscience, le niveau de conscience des spectateurs voilà un objectif palpitant, fondamental.
Mais le théâtre prend plein de formes plein de couleurs plein de masques. Quelques fois il se produit seulement un peu d'empathie, le public commence à comprendre ou à aimer quelque chose de très différent de lui ! C'est déjà pas mal.

III°)
« On traverse un tunnel - l’époque », disait Mallarmé.
Qu’est-ce qui bouche le désir ?
Comment tu le débouches ? 

Il se produit comme une uniformisation du vivre ensemble, une uniformisation des êtres humains, comme une standardisation de la pensée ! Notre mission au theatre est de réveiller les consciences, de réveiller les esprits et de regarder en face toutes nos certitudes, de les croiser avec le réel, de les frotter au rêve et d'avancer. D'ouvrir des pistes de réflexion. D'exposer la complexité. De cultiver le dilemme. De chérir le paradoxe.

IV°)
L’Amour ? La Beauté ? Tu les cherches encore ? Y a-t-il un endroit du monde où tu les accroches ? 

L'éducation me préoccupe particulièrement. Car elle est au centre de notre civilisation, de notre société. Mais désormais la transmission passe au second plan, ce qu'on fait de nos enfants ne nous intéresse plus. La beauté et le rêve sont désormais exclus du champ éducatif. Pas assez rentable ! Les enfants doivent marcher à la baguette. Pas de place pour les rêveurs !
L'amour est au-dessus de tout, il conditionne tout, il est notre moteur essentiel. Il faut le mettre au-dessus de notre horizon comme un point fixe et lointain qui nous donne notre direction ! 

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