Pièce d’actualité nº8 Institution

conçue et mise en scène par Marie-José Malis
14 Mars au 26 Mars 2017
mar, mer et jeu à 19h30, ven à 20h30, sam à 18h et dim à 16h

À Aubervilliers, à la Commune, dans un centre dramatique national, nous avons créé une école : L’École des Actes. Il y a là près de 200 inscrits. Des jeunes déscolarisés, des étrangers, des « migrants », des travailleurs précarisés, des habitants. Des intellectuels, des étudiants et des artistes. Ils cherchent : « travaillant à hauteur du désir de chacun et des principes nouveaux de bonheur, de paix et d’humanité qui manquent gravement dans le monde aujourd’hui », dit sa plaquette.

Puisqu’il y a des laissés-pour-compte dans le pays, c’est que le compte n’est pas bon. Un pays se mesure à son hospitalité : à savoir créer un monde où ce qu’implique la présence des étrangers, des fous, des pauvres, des jeunes en déliaison, n’est pas seulement leur exclusion hors du compte ou leur arraisonnement dans le compte. N’est pas la guerre qui leur est faite. Mais implique une autre manière de vivre, une autre conception de la vie, avec eux, poussée par eux, étendue par eux. Un théâtre est un lieu où les manières de vivre se cherchent. Il fait hospitalité

à ce qui manque ou ce qui est nié, porteur de bonheur pourtant. Il est le laboratoire d’une nouvelle subjectivité où l’amour du réel est étendu, porté, désiré, senti comme une chance. L’hospitalité est une méthode.

Elle est aussi un gain : on s’y dépossède, on s’y réinvente de l’autre, et on s’en trouve plus humains. Ce sont des choses qui rendent les gens heureux. Ce sont des choses qui attestent qu’une collectivité est en forme, un pays en capacité d’étendre sa vision et sa fabrique d’humanité. Quand il y a un lieu pour ça : c’est l’Institution.

La patrie d’un peuple libre est ouverte à tous les hommes de la terre.
Les institutions ont pour objet de mettre dans le citoyen, et dans les enfants même, une résistance légale et facile à l’injustice.

Saint-Just

 

avec Pascal Batigne, Sylvia Etcheto, Sandrine Rommel et des particpants à l'École des Actes

Partager :

Biographie(s)

Marie-José Malis fonde en 1994 la Compagnie La Llevantina. La question qui travaille continûment ses mises en scène est celle du devenir du théâtre : comment l’expérience théâtrale, ses qualités propres et uniques, ses conditions matérielles, spirituelles, peuvent être maintenues aujourd’hui ? Le théâtre comme mise en vie d’intuitions d’une autre manière de vivre, d’un courage neuf. Le choix des textes va avec cette préoccupation : parmi ses travaux les plus récents on peut citer, Contre la télévision de Pier Paolo Pasolini (2008), Le Prince de Hombourg de Heinrich von Kleist (2009), Le Rapport Langhoff (2013) et Hypérion d’après le roman de Friedrich Hölderlin (2014). Depuis janvier 2014, elle dirige La Commune CDN d’Aubervilliers. 

> en savoir plus

générique

conçue et mise en scène par Marie-José Malis

avec Pascal Batigne, Sylvia Etcheto, Sandrine Rommel et les participants à l’École des Actes

lumière Jessie Ducatillon
scénographie Adrien Marès
son Patrick Jammes

 

production La Commune CDN d’Aubervilliers spectacle créé le 14 mars 2017 à La Commune.
SPECTACLES