Pichet Klunchun and myself

de et par Jérôme Bel et Pichet Klunchun
1 Avril au 5 Avril 2015
mer 19h30, jeu, ven 20h30, sam 18h, dim 16h
DURÉE 1 HEURE 45 MIN.

pièce en anglais, traduction simultanée

©R.B.
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En septembre 2004, j’ai été invité à mener un projet à Bangkok par le curateur singapourien Tang Fu Kuen. Après avoir longuement hésité à accepter cette invitation, j’ai finalement proposé d’essayer de travailler avec un danseur traditionnel thaï.

En effet, je suis très intéressé par les pratiques spectaculaires extra-occidentales, qu’elles soient chorégraphiques ou théâtrales, depuis l’éblouissement que j’ai subi en assistant à un spectacle de Kabuki à Tokyo en 1989. Des expériences similaires se sont produites avec la danse traditionnelle indienne ou le défilé du carnaval de Rio de Janeiro.

Tang Fu Kuen a proposé au danseur et chorégraphe Pichet Klunchun de me rencontrer lors de mon séjour à Bangkok en décembre de cette même année. Nous nous sommes vus ne sachant pas du tout quel résultat pouvait survenir de cette rencontre. J’avais juste auparavant noté une série de questions à poser à ce danseur. Personnellement je n’avais alors qu’une vague idée de ce qu’était cette danse traditionnelle thaïe, tandis que Pichet Klunchun ne connaissait pas non plus mon travail.

Ce sont les circonstances de notre rencontre qui ont déterminé la nature et la forme du résultat obtenu. Le décalage horaire, la fascination qu’ont exercé sur moi la ville de Bangkok et ses habitants, les embouteillages monstrueux qui n’ont pas permis que toutes les répétitions se fassent, le contexte du Bangkok Fringe Festival où devait être montrée la pièce, nous ont amené à présenter au public une sorte de compte-rendu théâtral de notre expérience.

Nous en sommes arrivés à produire une sorte de documentaire théâtral et chorégraphique sur notre situation réelle. La pièce, donc, met en présence deux artistes qui ne savent rien l’un de l’autre, qui ont des pratiques esthétiques très différentes et qui essaient chacun d’en savoir plus sur l’autre, et surtout sur leurs pratiques artistiques respectives, malgré le gouffre culturel abyssal qui les sépare.

Des notions très problématiques telles l’eurocentrisme, l’interculturalisme ou la globalisation culturelle sont les enjeux qui se précisent tout au long de cette pièce. Ces notions si délicates à traiter ne peuvent pas être laissées de côté. Le moment historique actuel ne permet pas de faire l’économie de ces enjeux-là.

Jérôme Bel, Séoul, le 1er juin 2005

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Biographie(s)

Après avoir été assistant de Philippe Découflé en 1992, Jérôme Bel décide de se consacrer entièrement à la mise en scène. En 1994, il réalise sa première chorégraphie : Nom donné par l’auteur, à laquelle Jérôme Bel (1995) fait suite. Les besoins fondamentaux de la danse ainsi que les enjeux politiques qui la traversent sont au cœur de son travail et constituent la matière des portraits (théâtraux) pour danseurs qu’il initie avec Véronique Doisneau (2004). Ce faisant, il interroge également le médium du théâtre, en particulier dans The show must go on (2001), Disabled Theater (2012) et Cour d’honneur (2013). À l’invitation de l’Opéra National de Paris, il crée Tombe (2016), où les danseurs de l’Opéra sont invités, le temps d’un duo, à partager la scène avec la personne de leur choix. Une façon « d’ouvrir le plateau à d’autres corps, d’y montrer la vie, l’humanité, loin des hiérarchies qui siègent dans cette institution archaïque ». À partir de septembre 2016, il devient artiste associé à La Commune.

Jérôme Bel est artiste associé

Pichet Klunchun est un danseur traditionnel thaïlandais qui tente d’adapter les œuvres traditionnelles de la danse classique thaïlandaise pour en livrer une version plus contemporaine mais toujours respectueuse des fondements de la tradition. Le monde culturel thaïlandais classique voit en lui l’un artiste les plus audacieux, qui ose retravailler et réinterpréter la culture chorégraphique thaïlandaise pour aller de l’ancien style traditionnel vers une pratique nouvelle et modernisée. Il a été formé à la danse de masque thaïlandaise traditionnelle, le « khon », dès l’âge de 16 ans, auprès de Chaiyot Khummanee, l’un des plus grands maîtres du khon en Thaïlande.
Pichet Klunchun est le seul artiste en Thaïlande qui développe son art à partir de la danse traditionnelle khon et qui soit également en mesure de collaborer avec d’autres artistes sur un plan international.     

générique

concept Jérôme Bel
de et par Jérôme Bel et Pichet Klunchun

remerciements à Frie Leysen et Mark De Putter

 

production Bangkok Fringe Festival (Bangkok), SACD Le Vif du Sujet (Paris), Festival Montpellier Danse 2005 (Montpellier), R.B. Jérôme Bel (Paris) avec le soutien de l'Institut Français (Paris), l’Alliance française de Bangkok, le Service culturel de l’Ambassade de France à Bangkok et « The Flying Circus Project » à Singapour spectacle créé à Bangkok (Thailande), le 12 décembre 2004, Bangkok Fringe festival R.B. Jérôme Bel reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Ile-de-France, au titre de l'aide à la compagnie chorégraphique conventionnée, et de l'Institut Français, Ministère des Affaires Etrangères, pour ses tournées à l’étranger.

Rencontres

5 Avril 2015
Les grands sont à Pichet Klunchun... Et les petits goûtent au bar de La Commune puis découvrent au Cinéma Le Studio la projection de Le Chant de la mer.

Médias

Vidéo Extrait Pichet Klunchun and myself
Pichet Klunchun and myself concept Jérôme Bel

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SPECTACLES