La princesse de Clèves

de Madame de La Fayette mis en scène par Magali Montoya
16 Décembre au 17 Décembre 2017
SAM, DIM À 15H
7H

C’est l’invention du roman en France. C’est un chef d’œuvre. Qui a servi d’emblème à la haine de la pensée. Quand on réentend le roman, on comprend ce qui aurait été jeté de nous à la poubelle, s’il fallait que ces œuvres disparaissent. Beauté, courage, sublime rigueur. L’intrigue relate les tourments de la princesse de Clèves entre un mari (qu’elle n’aime pas) et un amour (impossible), le duc de Nemours. Mais si le trio amoureux est célèbre,  et l’on sait qu’il a été plusieurs fois porté au cinéma, c’est l’entièreté du roman qui est géniale. Alors, Magali Montoya  a refusé « d’adapter » La princesse de Clèves,  elle a voulu la jouer dans son intégralité. Parce que c’est un foisonnement d’histoires, où ce qui apparaît c’est l’inextricable corruption d’un monde de cour, où la passion ne peut trouver d’espace qui ne soit pas politique, souillé, soumis au soupçon. C’est la génialité de Mme de Lafayette, d’avoir prononcé que l’amour demande une société, une politique, qui le permettent.Dans le spectacle-fleuve où est donnée la totalité du roman, ce sont cinq actrices qui assument l’ensemble des personnages, féminins et masculins. Et ce décalage dans le genre, ce décalage dans le temps, cet éloignement cher aux Classiques, interrompant les rapprochements convenus, ravivent l’empathie et la pensée. L’amour dans ce monde? Question toujours actuelle, qui se dépose et se déplie délicatement, de la naissance des sentiments à leur pleine conscience et épreuve. 

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