"The small room" rencontre

24 Mars 2018
à 14 heures

avec Vasilis Tsartsanis, de jeunes réfugiés, artistes ou non, passés par Idomeni, des membres de l’École des Actes à Aubervilliers
animée par Adéa Guillot journaliste au Monde et pour Arte.
La rencontre sera précédée d’une projection à 13h30.

avec
Saleh Ismail
Né à Raqqa en Syrie en 1993. Il peint depuis l’enfance. En 2009 il prend des cours privés de dessin, peinture et sculpture en Allemagne. En 2012, il crée avec un ami un studio et monte une première exposition en juin 2013. Il suit actuellement des cours à l’Université d’arts de Berlin.

Aram Hamo
Né en 1992 à Afrin, Syrie. Son père est peintre. Il a donc grandi dans un environnement artistique. Ce n’est qu’une fois arrivé en 2016 en Allemagne qu’il a commencé à peindre. « Comme pour me rapprocher de mon père qui me manque tellement. Je le sens un peu à mes côtés lorsque je peins », raconte le jeune homme. « Ou peut-être pour entrer en moi, et résister au fait que la guerre pouvait m’enlever des années entières de ma vie mais ne pouvait pas me tuer tout à fait ». Quelqu’en soit la raison, Aram ne se voit plus jamais arrêter de peindre.

Emad Awawdy
Emad est un jeune réfugié palestinien né en Syrie. Il habite lui aussi en Allemagne désormais. Cela fait maintenant un an qu’il a commencé à prendre des photos. Vasilis Tsartsanis lui a notamment confié la très belle série en noir et blanc « Les Eaux de la Mémoire » de l’exposition. Alors qu’il se destinait à étudier les sciences politiques il a désormais décidé de se consacrer à la photographie.

Saad Al Ahmad
Né en 1990 à Deir Ezzor en Syrie. Saad est arrivé en Allemagne en 2015. Il est l’un des témoins principaux de la série de longue haleine de la journaliste du monde Adéa Guillot consacrée aux devenirs de quelques réfugiés rencontrés en 2015 en Grèce et qu’elle retrouve de temps en temps pour suivre et raconter leur parcours d’intégration. Saad est à la base ingénieur en informatique et graphiste et se bat aujourd’hui pour trouver un emploi en accord avec ses aspirations. Il raconte très bien ce difficile chemin de l’intégration, le dur apprentissage d’une langue si différente, le déclassement lié à la réalité des opportunités d’emploi en Allemagne mais illustre aussi cette façon, de ne jamais se décourager malgré de vrais moments de désespoir à chaque mauvaise nouvelle en provenance de Syrie.

École des actes- La Commune- Centre dramatique national d’Aubervilliers
Porté par le désir de rendre visible la force et la positivité des vies qui composent la ville, par la splendide croyance dans les pouvoirs de transformation de la réalité d’hommes et de femmes étrangers, ceux collectif du 81 avenue V. Hugo qui ont fait du théâtre ce qu’il ne fait jamais : un plan réel de transformation de la réalité. Ils ont fait une pièce et obtenu un processus de régularisation pour les 90 habitants de leur squat… Le théâtre La Commune et sa directrice Marie-José Malis, ont soutenu la création de l’École des actes en juin 2016. Sa Charte la présente ainsi : « École des hautes capacités des pauvres et non comptés, ouvertes à tous, pour la construction d’une machine affirmative et collective d’amitiés, de confiance et de courage, travaillant à hauteur du désir de chacun et des principes nouveaux de bonheur, de paix et d’humanité qui manquent gravement dans le monde d’aujourd’hui ». Le manifeste de ses participants s’ouvre en février 2018 par la déclaration : « On a tous besoin d’un droit-du sol-où-l’on-vit, d’un peu d’humanité dans le coin de la terre où l’on se trouve. » L’École des actes s’est implantée dans le quartier du Fort d’Aubervilliers, y sont partagés chaque jour des cours de français, des ateliers cinématographiques, de théâtre, de dessin ; s’y déroulent aussi des assemblées composées principalement de personnes ayant quitté des pays où leur vie était devenue impossible. Ces assemblées élaborent ce que pourraient être les conditions d’une vie nouvelle ensemble.

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